Général Maurice Faivre - Historien

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Défense populaire et désarmement moral

Exposé aux Assises de la désinformation, à Nice en novembre 1989

novembre 1989, par Maurice Faivre

Le général d’armée Jean Delaunay, ancien chef d’état-major de l’armée de terre, présente le conférencier comme un soldat au plein sens du terme ; il a commandé un régiment parachutiste, a été spécialiste du renseignement militaire. C’est un homme de coeur qui a pris la défense de ses anciens harkis. C’est un homme de culture, d’une grande culture, qui est devenu historien.

Résumé de l’exposé

La défense populaire a revêtu différentes formes : milice de citoyens, Landsturm, armement du peuple, moblo, milice prolétarienne ou paysanne, défense populaire généralisée. Le parti socialiste parle de groupes militaires de base. Les alternatifs prônent la guérilla décentralisée ou la résistance sans armes.
C’est en général une force peu entraînée et mal encadrée, inapte au combat classique, comme l’ont montré Washington, Clausewitz, Trotski, Lénine et Mao Tse Tung. En 1793, la levée en masse a dû être disciplinée par des cadres de l’armée royale. En 1914 et 1939, il fallut plusieurs mois de formation pour que des unités de réserve acquièrent une capacité opérationnelle. La défense populaire a souvent pour but la prise du pouvoir par une minorité totalitaire. C’est selon Lénine la légalisation de l’anarchie.
La résistance non-violente proposée par les abbés Mellon et Boudouresque utilise les moyens de l’agit-prop et du boycott qui risquent de déstabiliser la société.
Certains écologistes refusent de servir dans l’armée, revendiquent une défense non provocante et le non-emploi nucléaire. Ils rejoignent ainsi la propagande soviétique, sa soi-disant transparence et ses plans de désarmement. Pas un homme pour la défense, c’était le slogan de Lénine en 1915 et du PCF dans les années 30.
L’URSS préconise le retrait des forces atlantiques et dissimule la modernisation de ses armements. Or elle renforce depuis 20 ans ses moyens blindés, ses forces aériennes et ses missiles nucléaires et anti-aériens en Allemagne de l’Est. La menace est donc réelle.
Il est vrai cependant que l’armée soviétique rencontre des difficultés, que ses doctrinaires se contredisent et que certains de ses cadres et de ses appelés subissent une crise de démoralisation, parallèlement à la mise en oeuvre de la glasnost. Les démocraties populaires sont en voie de décomposition [1].
Il faut donc suivre l’évolution de la situation dans les pays satellites, sans cependant baisser la garde. La désinformation désarmante doit être dénoncée. Les nations armées occidentales ont besoin d’être soutenues par les citoyens


[1le 9 novembre 1998, moins de deux mois après cette conférence, le mur de Berlin était ouvert à la population