Général Maurice Faivre - Historien

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Critique de Jean-Charles Jauffret dans la revue d’histoire des armées

sur "Le renseignement dans la guerre d’Algérie" Maurice Faivre

juin 2007

Prolongement de sa communication au colloque de Montpellier de 2000, cet ouvrage est utile pour les nombreux organigrammes et schémas qu’il contient, les définitions de sigles, la typologie des différents services de renseignement, tant civils que militaires, les hiérarchies parallèles et leur fonctionnement opaque. Il rappelle, après d’autres études publiées qu’il aurait fallu citer, en quoi la guerre d’Algérie est aussi celle de la troisième dimension, notamment en ce qui concerne la guerre électronique ou la méthode dite Lanlignel de repérage aérien. A partir de sources françaises, l’auteur s’intéresse au fonctionnement des réseaux du FLN/ALN et les annexes contiennent un très intéressant document de la wilaya IV. A noter l’étude nouvelle (relative à ?) à la Croix Rouge dans l’affaire des Français disparus en 1962. Disposant d’un index, ce travail souffre d’une absence de bibliographie et donc de travaux novateurs récemment publiés. Il offre une vision Walt Disney des DOP et oublie les effets pervers de la bataille d’Alger. Le n’importe quoi lié à la pratique de la torture ne découle pas nécessairement du terrorisme urbain. Cette fausse naïveté frise la provocation digne du Livre blanc des combattants. Même si la torture n’a pas été pratiquée dans toutes les unités, elle a cependant été banalisée, constituant, hélas, le moyen de renseignement le plus utilisé. En outre, la suffisance du ton à l’égard de « nos historiens » ou « certains historiens », tels Benjamin Stora ou Gilbert Meynier, est des plus déplaisante. Est reconduite l’erreur de concevoir encore la guerre d’Algérie comme étant pilotée par Moscou. La désinformation concerne l’œuvre fondamentale de Raphaëlle Branche qui n’a pas été seulement lue par les « lecteurs de la presse de gauche ».

Jean-Charles Jauffret